2.2 Les qualifications numériques des acteurs associatifs

Niveau de maturité numérique des associations

L’étude La place du numérique dans le projet associatif fait la distinction entre plusieurs profils de maturité numérique. Celle-ci est évaluée par le responsable associatif lui-même, à partir des propositions suivantes de l’enquête : peu initiée, en progrès, expérimentée/experte. Rares sont celleux qui ne se sont pas estimé⋅es légitimes sur cette question ou ont préféré s’abstenir de répondre (3%).


Une majorité de dirigeants (53%) considèrent que leur association est en bonne voie dans ses pratiques numériques. Les autres se répartissent en deux parts égales : ceux qui se sentent encore éloignés de ces sujets et qui estiment que le chemin est long (22%) et ceux qui disposent d’une expérience qu’ils jugent suffisante (21%).

C’est dans les associations de la santé et des loisirs, celles qui emploient peu ou pas de salarié.es, celles qui sont implantées en zone rurale ou en Quartiers de la Politique de la Ville que l’on trouve le plus de structures « peu initiées ». Inversement, les associations « expérimentées » sont proportionnellement plus nombreuses dans la culture, l’environnement, l’enseignement et les services économiques. Elles sont de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que le nombre de salarié⋅es augmente, en corrélation avec les moyens humains – et souvent matériels – disponibles.

Personnes impliquées sur le numérique dans les associations

Comme en 2019, la plupart des membres actif⋅ves ne sont impliqué⋅es sur ce sujet que dans 10% des cas. On peut ainsi en déduire que la proportion d’associations qui ont mis en place une culture partagée du numérique est relativement faible.


Cependant, un tiers des associations a désormais officialisé le rôle de référent⋅e numérique au sein de leur organisation. Et on notera que plus la taille de l’association augmente, plus le numérique est aux mains d’un⋅e seul⋅e référent⋅e. Pour ces structures, il est nécessaire de centraliser l’information et de faire appel à des compétences spécifiques (par exemple celles d’un responsable des systèmes d’informations, garant du fonctionnement de l’ensemble du système informatique). La personne référent⋅e numérique n’a pas nécessairement besoin d’être un⋅e technicien⋅ne, mais doit avoir de solides compétences en gestion de projet pour choisir et mettre en place des outils, ainsi qu’en animation de groupe pour garantir le bon usage de ces outils par tous.

Les instances dirigeantes des associations restent encore peu impliquées sur ces questions (seulement 21 % d’entre elles). Les responsables associatifs expriment leurs difficultés sur ces questions : iels sont près de la moitié (47%) à souhaiter avoir une meilleure connaissance des outils existants. Iels sont souvent en difficulté pour se repérer dans l’offre existante (multiplicité des canaux, sortie de nouveaux outils, nouvelles fonctionnalités, etc.) et ne pratiquent que très rarement une veille sur ces questions. Les associations manquent de repères face à la diversité des solutions proposées.

De plus, les associations semblent avoir bien identifié que la mise à niveau des membres les moins initié⋅es peut être un levier important pour tirer le meilleur parti du numérique. En effet, plus le niveau d’aisance dans l’utilisation de chaque outil est élevé, plus leur usage est optimal et cesse d’être une source de frictions. Mais prendre le temps de sensibiliser et de former les parties prenantes, de lever la résistance de certain⋅es, tout en veillant à n’écarter personne des circuits d’information et de décision est une démarche qui soulève des questions d’ordres humain et technique auxquelles peu d’associations savent répondre.

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